DERNIÈRE SOIRÉE D’UN ROI MARTYR

DERNIÈRE SOIRÉE D’UN ROI MARTYR

DERNIÈRE SOIRÉE D’UN ROI MARTYR

 

Vingt-janvier ! le verdict infâmant est tombé.

Demain matin, il aura la tête tranchée.

En un seul instant, tout son monde s’est effondré.

C’est la monarchie qui sera exécutée.

 

Ce soir sera son dernier repas de vivant.

Il remet son Esprit à Dieu, dorénavant.

Imaginer cet avenir, auparavant,

Ne l’a jamais effleuré, lui, le ci-devant.

 

Le dîner lui est servi à dix-neuf heures.

De couteau et fourchette, il n’a la faveur.

Ses bourreaux, de son suicide, auraient-ils eu peur ?

Fataliste, il se résigne à son malheur.

 

Il est vingt heures ! il finit sa collation.

L’Abbé de Firmont l’entendra en confession.

Il s’interroge sur l’échec de sa mission.

Né « De France », il meurt « Capet » ! Humiliation !

 

Ayant réglé ses affaires intemporelles,

Il doit se préparer au départ éternel.

Il lui reste peu de temps pour le temporel.

Sa famille le rejoint pour l’adieu cruel.

 

L’Histoire recouvrira ses ultimes instants

D’un voile de pudeur ! quel tableau désolant !

Embrasser sa reine, sa sœur et ses enfants,

Brise son cœur de mari et père aimant.

 

Comment imaginer la nuit du condamné ?

Un sommeil peuplé de pensées désordonnées !

Etre un « mort en puissance » ! Quelle cruauté !

Il entre au royaume des âmes damnées.

 

Le jour se lève ! c’est le vingt et un janvier !

Il est serein et empreint de sa dignité.

De son carrosse, il voit l’échafaud meurtrier,

Dont le couperet tranchera la royauté.

 

Le roi est mort ! Que vive la révolution !

De la foule monte une clameur d’ovation.

A bas le tyran ! Longue vie à la nation !

Sa famille endeuillée prie avec dévotion.

 

Une page d’histoire se referme enfin,

Inscrivant avec le sang du roi, le mot « Fin »,

Pour effacer la monarchie de droit divin.

Bien ou mal, la France a choisi son destin.

 

Poème fictif sur la dernière soirée du roi de France Louis XVI le 20 janvier 1793, suivie de son exécution le 21 janvier 1793.

 

Tous droits réservés Viviane.B-Brosse alias Sherry-Yanne

Le 5 juillet 2017

Enregistré sous copyright N°00060780 avant diffusion sur internet

Recueil L'HISTOIRE SE RACONTE EN VERS

ISBN : 978-2-37499-086-6

Publié aux Editions ANTYA

PHOTO INTERNET représentant une gravure d'époque sur les adieux de Louis XVI à sa famille le 20 janvier 1793 après son dernier repas

 

Louis xvi.

Date de dernière mise à jour : 08 avr 2019

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Commentaires

  • badar

    1 badar Le 05 juil 2017

    Tout en alexandrins. J'ai passé un bon moment de lecture, tant sur la qualité de l'écriture que sur les recherches historiques.Merci Sherry-Yanne pour cet excellent partage.
    .
    oici la lettre qu’il écrivait à ce sujet à M. Bérard, rédacteur du Bulletin national : « L’article inséré dans le n°42 du Journal de Bruxelles sur les dernières paroles de Louis Capet, est le même que celui qui est inséré dans le n°410 du Thermomètre du jour. J’ai déjà écrit pour le démentir, comme étant de toute fausseté. Voici la copie exacte de ma lettre pour détruire l’anecdote ou l’on me faisait parler :

    « Descendant de la voiture pour l’exécution, on lui dit qu’il fallait ôter son habit. Il fit quelques difficultés, en disant qu’on pouvait l’exécuter comme il était. Sur la représentation que la chose était impossible, il a lui-même aidé à ôter son habit. Il fit encore la même difficulté lorsqu’il s’agit de lui lier les mains qu’il donna ensuite lui-même lorsque la personne qui l’accompagnait lui eut dit que c’était un dernier sacrifice.

    Décapitation de Louis XVI le 21 janvier 1793
    Décapitation de Louis XVI le 21 janvier 1793. © Collection Musée de l’Histoire vivante – Montreuil
    « Alors il s’informa si les tambours battraient toujours : il lui fut répondu qu’on n’en savait rien, et c’était la vérité. Il monta sur l’échafaud et voulut s’avancer sur le devant comme pour parler ; mais on lui représenta que la chose était impossible. II se laissa alors conduire à l’endroit où on l’attacha ; et d’où il s’est écrié très haut : Peuple, je meurs innocent ! Se tournant vers nous, il nous dit : Messieurs, je suis innocent de tout ce dont on m’inculpe ; je souhaite que mon sang puisse cimenter le bonheur des Français.

    « Voilà ses véritables et dernières paroles. L’espèce de petit débat qui se fit au pied de l’échafaud roulait sur ce qu’il ne croyait pas nécessaire qu’il ôtât son habit et qu’on lui liât les mains. Il fit aussi la proposition de se couper lui-même les cheveux.

    « Pour rendre hommage à la vérité, il a soutenu tout cela avec un sang-froid et une fermeté qui nous a tous étonnés. Je reste très convaincu qu’il avait puisé cette fermeté dans les principes de la religion, dont personne ne paraissait plus pénétré et plus persuadé que lui.

    « Vous pouvez vous servir de ma lettre, comme contenant les choses les plus vraies et la plus exacte vérité. »

    Signé Samson, Exécuteur des jugements criminels.

    Ce 23 février 1793.
    sherryyannepoetesse

    sherryyannepoetesse Le 06 juil 2017

    Merci pour ce superbe commentaire! Merci pour les précisions apportées! Merci pour la lecture! Merci pour tout! Bonne journée! A bientôt!

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