VOYAGE A ORADOUR SUR GLANE EN SUIVANT LA TRACE DES CHAPELLE

VOYAGE A ORADOUR SUR GLANE EN SUIVANT LA TRACE DES CHAPELLE

VOYAGE A ORADOUR SUR GLANE EN SUIVANT LA TRACE DES CHAPELLE

 

VOYAGE A ORADOUR SUR GLANE

En mai 2012, mon mari et moi avons profité d’un week-end de trois jours pour nous rendre en Haute Vienne, afin d’aller explorer (si possible) le cimetière de Nedde, pour y trouver trace de ses aïeux « émigrés » dans la région lyonnaise, sans doute au début du 20ème siècle, pour trouver du travail dans les nombreuses usines de forges, verreries, teintureries, peut être maçonneries, développées entre Lyon et Saint Etienne, en passant par Rive de Gier et Saint Chamond. Ce flux migratoire est communément resté dans l’imagerie populaire avec l’appellation « Les maçons de la Creuse ».

Nous avions également prévu de nous rendre au village martyr d’Oradour sur Glane, dans une sorte d’hommage aux victimes d’une telle atrocité perpétrée par de soi-disant humains qui n’avaient d’humains que le nom.

Comme convenu, nous nous sommes rendus dans le petit cimetière de Nedde à la recherche de tombes des dénommés « Chapelle » ou « Caraud » mais contrairement aux cimetières de « chez nous », aucune sépulture ne comportait de noms et prénoms, juste une croix ou un tombeau avec le nom de la famille sans plus de précisions indiquant s’il s’agissait des aïeux ou pas de mon époux.

 

Cimetiere de nedde 5 mai 2012 15

 

Cimetiere de nedde 5 mai 2012 18

 

Un peu déçus par nos maigres trouvailles se résumant pratiquement « à rien », nous avons continué notre expédition jusqu’au village d’Oradour avant de rentrer dans nos pénates.

 

Oradour sur glane 6 mai 2012 4

 

Oradour sur glane 6 mai 2012 10

 

Comment décrire l’atmosphère de ce lieu ? plus de cinq ans après ces évènements, j’ai encore froid dans le dos en y repensant. Une chape de plomb s’est abattue sur nos épaules dès que nous avons passé la porte, s’ouvrant sur un village fantôme où tout est resté en l’état.

 

Oradour sur glane 6 mai 2012 50

 

Oradour sur glane 6 mai 2012 6

 

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Beaucoup parmi vous y sont allés et les autres ont vu des reportages à la télévision, montrant ces carcasses de voitures brûlées, ces ruines noircies des maisons, des échoppes, de l’école, de l’église, des outils par ci par là et des plaques commémoratives expliquant comment vivaient les habitants, lors du jour fatidique. 

 

Oradour sur glane 6 mai 2012 3

 

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Nous avons parcouru les rues dans un silence solennel, presque religieux et les autres touristes étaient dans le même état d’esprit que nous. Cela se voyait à leur attitude, leur regard, leurs salutations silencieuses. Sans nous connaître, nous étions tous réunis dans une communion de compassion pour ne pas dire de prières pour les croyants. Une impression étrange que je n’oublierai jamais.

 

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L’Eglise est le bâtiment de ces lieux, qui dégage le plus d’émotions car c’est ici qu’ont péri presque tous les habitants et le curé de la paroisse, certains hommes ayant été fusillés en deux autres endroits. Les chanceux ont survécu au massacre pour raconter l’horreur d’un tel drame innommable.

 

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Dans cette église, on voit encore une poussette au coin de l’autel, ce qui renforce l’atrocité commise dans ce territoire sacré respecté comme tel depuis la nuit des temps et pourtant ces barbares-là n’ont pas hésité à tuer des innocents de la plus horrible des manières, ne leur laissant aucune chance de s’échapper.

 

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Oradour sur glane 6 mai 2012 8

 

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Les paroissiens du secteur ont rendu hommage au curé, immolé avec ses ouailles et quand nous avons lu le nom inscrit, nous avons eu un sursaut car ce nom était celui d’un cousin de mon mari Jean-Baptiste Chapelle, et ce nom n’était sans doute pas un hasard, sachant que Nedde, le petit village dont nous revenions était le berceau des « Chapelle ».

 

Oradour sur glane 6 mai 2012 22

 

Nous sommes revenus de ce périple pour ne pas dire ce pèlerinage en ressentant des émotions diverses et dans un premier temps, nous n’avons pas vraiment repensé à cette homonymie. Pourtant quelques mois plus tard, cela nous a titillé l’esprit et la curiosité généalogique s’est emparée de nous.

Heureusement avec les archives en ligne (disponibles assez récemment car avant il fallait tout demander par courrier) et Généanet (site de généalogie), nous avons pu reconstituer un schéma familial qui nous a confirmé que Jean-Baptiste Chapelle, curé martyr d’Oradour sur Glane et Antoine Chapelle, arrière-grand-père de mon mari, avaient tous deux les mêmes arrière-grands-parents Martial Chapelle et Marie Rose Dupeyrie (x). D’ailleurs le curé d’Oradour était lui aussi né à Nedde, village berceau des « Chapelle » comme je l’ai dit ci-avant.

Martial Chapelle et Marie Rose Dupeyrie(x) ont eu plusieurs enfants dont notamment deux fils prénommés Pierre Jean Baptiste et Pierre. On peut remarquer l’originalité des prénoms dans les familles d’antan qui n’hésitaient pas à redonner les mêmes prénoms aux frères et sœurs, puisqu’il était d’usage de leur donner les prénoms des parrains et marraines la plupart du temps. Pour les différencier, nos ancêtres avaient pris l’habitude le leur donner des surnoms ou des prénoms usuels ce qui complique souvent la tâche entre les actes de naissance, de mariage et de décès où les transcripteurs ne s’embarrassaient pas de détails. De ce fait « Pierre » était usuellement prénommé « Yves ».

Pierre Jean Baptiste Chapelle, grand père du curé d’Oradour épousa Marie Jeanne Merciel et ils eurent de nombreux enfants dont Jean Baptiste Chapelle qui se maria avec Marie Lacour. Ces deux-là étaient les parents de Jean Baptiste Chapelle, prêtre en charge de la paroisse d’Oradour sur Glane.

Pierre Chapelle, dit « Yves » son frère, quant à lui, épousa Catherine Dufaure et ils donnèrent naissance à une nombreuse descendance. Un de leurs fils Martial se maria avec Jeanne Chopinaud et leur union fut féconde puisqu’ils eurent, eux aussi, de nombreux enfants dont Antoine Chapelle l’arrière-grand-père de mon mari qui épousera un jour Anne Marguerite Caraud. Ce fut la génération d’Antoine qui quitta les terres limousines natales pour s’expatrier dans la région stéphano-lyonnaise. Au cimetière de Saint Chamond dans la Loire, on retrouve trace de « Chapelle » et de « Caraud » venus de Nedde, ainsi que dans celui de Bully dans le Rhône, village natal de mon époux.

Pour information, il est intéressant de noter que la dynastie des Gillet, native de Bully, propriétaire du château, étant spécialisée dans la soierie et la teinture, possédait aussi des usines à Saint Chamond, lesquelles fournissaient du travail à beaucoup de monde à l’époque.

Je pense que le lien entre ces deux lieux n’est pas qu’une simple coïncidence et que ce n’est pas un hasard si on retrouve des Chapelle-Caraud aussi bien à Saint Chamond qu’à Bully mais mon article n’a pas pour but d’explorer cette piste-là.

Pour revenir au drame d’Oradour et à son curé, voici un article dans un journal local que je reproduit intégralement entre guillemets :

« Né en 1873 à Nedde, Jean-Baptiste Chapelle commence sa scolarité en 1881 dans la toute nouvelle école communale de Rempnat où il réside avec sa famille. Ordonné prêtre à Limoges en 1898, il sera nommé curé d'Oradour-sur-Glane. Il prépare la procession du Sacré-Coeur du 18 juin, mais au matin du samedi 10 juin 1944, veille de la Fête-Dieu, une colonne nazie prend possession du village. Le Père Jean-Baptiste, adoré de ses paroissiens, a eu, d'après le témoignage de rescapés, la possibilité de sauver sa peau. Mais il décide de rester avec ses paroissiens à l'intérieur de cette église alors que se prépare le brasier. Parmi les nombreuses victimes se trouve l'ancienne institutrice de Rempnat suite à sa mutation pour se rapprocher de ses parents à Limoges.

Le 13 août 2013, près de 70 ans après ces faits douloureux, un hommage leur a été rendu en l'église Saint-Sébastien de Rempnat. Le curé Jean-Michel Bortheirie a béni la plaque commémorative offerte par feu François Gerbaud, missionnaire du village de Rempnat, en présence de la famille de l'abbé Jean-Baptiste et des paroissiens. »

Sachant que nous étions partis pour relever des noms dans un cimetière, ce que nous n’avons pas pu faire comme je l’ai expliqué un peu plus haut, le hasard a bien voulu se montrer favorable à notre recherche en reliant Martial, l’aïeul commun à un de ces descendants, victime de la tragédie d’un passage de notre histoire et donc d’un fait historique.

Toutes les photos illustrant cet article sont personnelles car je les ai prises à Oradour sur Glane en mai 2012.

Tous droits réservés V.B-Brosse alias Sherry-Yanne 2 octobre 2017

Enregistré sous copyright N°00060780 et 00067596 avant diffusion publique sur internet

 

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Commentaires (2)

CHATELAIN
  • 1. CHATELAIN | 03 oct 2017
Merci pour ce partage, la généalogie ce n'est pas que l'histoire de la famille, elle mène aussi à cela...........
C'est dommage, j'aurai aimé pouvoir partager ce témoignage sur ma page facebook.
M. CHATELAIN
sherryyannepoetesse
  • sherryyannepoetesse | 15 nov 2017
Merci beaucoup pour votre lecture! Merci de vous être arrêtée à commenter. Belle soirée à vous !

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Date de dernière mise à jour : 11 avr 2020