LE PONT DES FAUX MONNAYEURS SAINT AMANDIN CANTAL

LE PONT DES FAUX MONNAYEURS SAINT AMANDIN CANTAL

LE PONT DES FAUX MONNAYEURS SAINT AMANDIN CANTAL

 

LE PONT DES FAUX MONNAYEURS

VERS LES GORGES DE LA RHUE

Légende et histoire vraie sans doute comme tout ce qui se raconte dans les villages

"Dans les rochers chaotiques qui forment les Gorges de la Rhue, une grotte a servi d'asile au cours du XVIIIème siècle, à une bande de faux monnayeurs qui avait pour chef, un certain Chabrier surnommé L'Estandart.

Les gredins frappaient de faux écus de six livres, qu'ils écoulaient dans les commerces de la région, ce qui leur permettait de faire ripaille à lueur des torches.

Un jour, ils achetèrent un veau à un paysan du coin. Ce dernier, soupçonneux comme un artensier, trouva que les écus sonnaient faux et porta plainte. La troupe de l 'Estandart fut alors surveillée de près par la Maréchaussée Royale, laquelle surprit un complice en flagrant délit lors d'une foire de Condat.

Le repaire fut pris d'assaut, les brigands condamnés aux galères, leur chef pendu haut et court (la justice ne badinait pas en ce temps là).

C'est pourquoi, le pont qui enjambe la Rhue vers Coindre, porte le nom de "Pont des Faux Monnayeurs", pour perpétuer le souvenir des faussaires."

(extrait trouvé sur le site du village de Trémouilles entre Saint Amandin et Condat dans le Cantal).

Par contre les faits ne peuvent pas se dérouler au 18ème siècle comme il est indiqué dans cet extrait car François Chabrier est né au 19ème siècle et les « crimes » commis se sont passés vers le milieu du 19ème siècle, vers les années 1850 environ. De plus il apparait que François CHABRIER a disparu sans laisser de trace et que nul ne connait ses date et lieu de décès.

 

PHOTO PERSONNELLE DU PONT DES FAUX MONNAYEURS PRISE EN NOVEMBRE 2008 en ballade avec mon mari et nos trois chiens. 

 

Photos diverses de sept a nov 2008 018

 

On dit que François Chabrier, leveur et faux-monnayeur s’est réfugié dans les bois de Coindre, pas loin de l’ancienne auberge de la Rhue lorsqu’il s’est évadé du bagne.

« Le terme de leveur est une invention du seul arrondissement de Murat. Dès le début du XIXe siècle, il désignait les colporteurs de la région qui usaient de moyens crapuleux pour leur commerce. François CHABRIER de Condat fut l’un d’eux. Plusieurs fois condamné par contumace, finalement enfermé au bagne à Brest, il s’en évada et revint se cacher dans la vallée de la Rhue. Mais, au-delà de l’évocation de cette trajectoire individuelle, le livre de Christian Estève, « Histoire d’un leveur du Nord Cantal : François Chabrier (1816 - ?) » retrace d’abord l’histoire d’une région et l’épopée de tous ces hommes qui, dès leur plus jeune âge, partaient sur les routes pour tenter de faire fortune, dussent-ils pour cela prendre bien des libertés avec la loi. »

Je reproduis ci-dessous un article de Christian Estève que j’ai trouvé sur le net dans son intégralité afin qu’il vous raconte lui-même qui était François CHABRIER.

Article de Christian Estève

François Chabrier de Condat (1816 - ?), un drôle de colporteur

« Quel est le point commun entre nos " négociants-voyageurs " qui, jusqu’à ces dernières années, avaient l’habitude de se réunir à Bort-les-Orgues, parfois sous l’égide de personnages fort illustres, et Léon Gerbe, cet écrivain ruraliste de Champs-sur-Tarentaine décédé en 1985 ? Nullement le temps qu’il passa sur les bancs de l’école des frères de Bort avant la grande guerre. Plus certainement les étés des années 1930 qui le virent déambuler sur les chemins du canton de Condat, le pays des… marchands de toile. C’est là qu’il apprit de quelques bouches, peut-être cousues jusque là, l’histoire, l’épopée, d’un fameux faux-monnayeur, surnommé L’Etendart. De témoignage oral en enquête ou recherches, il en tira un roman paru à Paris en 1935 sous forme de feuilletons : Hurlande aux loups et qui devint, onze ans plus tard, Hurlande le rebelle.

Victime d’une erreur judiciaire, son héros s’était évadé du bagne et se cachait à la fin du second empire dans les bois qui bordent la vallée de la Rhue, Echappant à la gendarmerie grâce à la protection des habitants, il fondait, pour survivre, quelques pièces dans l’ombre protectrice de la non moins fameuse " grotte des faux-monnayeurs ".

Mais, prudence ou délicate attention, Léon Gerbe avait pris soin de changer les patronymes et les noms de lieu : Condat, Trémouille, Murat… Si l’art du roman autorise tout naturellement ce type de substitution ou de glissement, l’enquête historique ramène dans ses filets un portrait fort différent de celui du bandit au grand cœur. Froides et sans pitié, la recherche et la lecture des documents judiciaires s’opposent alors à la chaleureuse empathie.

L’Etendart était né à Condat le 26 mars 1816. Il s’appelait François Chabrier. Issu d’une modeste famille de maréchal-ferrant qui se partageait avec le gros village de Chassany sur la commune de Saint-Amandin, il partit très jeune sur les routes comme colporteur. C’était alors, durant la mauvaise saison, l’activité la plus répandue des hommes du canton de Condat-Marcenat. Le berceau donc des marchands de toile. Ce qu’on a appelé plus tard " le triangle d’or " (Condat-Allanche-Riom). Nous revoilà donc au point de départ ou plutôt d’arrivée, d’autant que l’une des conquêtes féminines de François Chabrier était native de Bort Les Orgues.

Rebelle aussi François Chabrier ! Oui, si l’on veut bien considérer qu’une telle définition correspond à un individu qui fut constamment poursuivi par la justice. A vingt ans, il était déjà condamné dans la Creuse pour escroquerie. Soupçonné de vol de tissu dans l’Indre, il était ensuite emprisonné une quarantaine de jours avec ses employés. Ruiné pour avoir perdu la confiance de ses fournisseurs, il se rendit ensuite en Normandie où, selon une pratique fort répandue chez les marchands colporteurs de sa région d’origine, il s’adonna à la banqueroute frauduleuse. Le cheminement était toujours le même. Prise de contact avec des négociants, premières commandes, premiers crédits, tous parfaitement honorés. Augmentation progressive des sommes dues et coup de filet final. La bande disparaissait dans la nature, vendant à vil prix les marchandises non payées, puis se réfugiait au " pays " en écoulant les derniers coupons de tissu. Premières expériences donc en Normandie, premières condamnations aussi. François Chabrier, le chef, demeurait en fuite tandis que ses complices de Saint-Amandin, Marchastel et Condat allaient croupir plusieurs années au bagne.

Ensuite, se produisit une rencontre décisive avec un ressortissant de Landeyrat : Jean Rigaud. Sorte de " chimiste " qui avait appris à blanchir et falsifier les effets de commerce, c’était un évadé du bagne de Rochefort qui avait un lourd passé de faussaire. La bande grandit donc, multipliant les malversations. Si toutes les grandes villes de commerce (Rouen, Toulouse, Paris, Lyon, Marseille…) en furent victimes de 1846 à 1850, bien peu de poursuites aboutirent. Maintes fois condamné par contumace, François Chabrier demeurait introuvable. Après chaque affaire, il semblait se réfugier au pays, retrouvant les siens et une sorte de sécurité.

Alertés, les pouvoirs publics durcirent la surveillance qui bien qu’en 1850 la bande, composée de deux douzaines d’individus du canton de Condat, tous rassemblés à Paris, décida de fabriquer et d’écouler des faux billets de 1000 francs. L’affaire capota. Des arrestations eurent lieu, suivies d’un procès en janvier 1852. Une vingtaine de condamnations furent prononcées, certaines à perpétuité. Beaucoup périrent au bagne, d’autres en revinrent entretenant la mémoire collective, jusque dans les années 1900. Jean Rigaud, la faussaire, ne fut jamais retrouvé. François Chabrier, lui, ne fut arrêté qu’en 1855 à Avignon. Un peu par hasard car reconnu par un ancien gendarme du Cantal qui partait à la guerre de Crimée. Durant son transfèrement à Rouen, où il devait répondre de sa première condamnation par contumace, il tenta de s’évader lors de la traversée de la Lozère. Pour avoir blessé un gendarme, il écopa de dix ans de travaux forcés. Ramené ensuite en Normandie, il fut condamné à vingt ans. A Paris, ce fut la perpétuité pour l’affaire de la fausse monnaie. Enchaîné, il rejoignit le bagne de Brest (et non Rochefort comme dans le roman) à l’automne 1856.

Il s’en évadait un an plus tard avec un dénommé Papon, un Lotois de Paris condamné pour viol sur mineur. Quelques semaines plus tard, tous deux étaient dans les bois de Trémouille. Papon était arrêté par des habitants de la commune une première fois, s’évadait de la prison de Saignes et rejoignait Chabrier qu’une partie (mais non la totalité) des habitants protégeait. Le 24 janvier 1858, d’un coup de fusil, Chabrier blessait grièvement le gendarme Romain de la brigade de Champs qui avait tenté de l’arrêter au Vialard. Entraînées par le procureur et le sous-préfet de Mauriac, toutes celles de la région passèrent alors des heures à fouiller le canton de Champs. En vain. La troupe dormit à l’auberge de Larmance. En pleine nuit, trois chevaux étaient volés puis péniblement retrouvés. L’auteur du larcin n’était autre que… Chabrier qui se cachait dans la grange. Ainsi fut mise en orbite une véritable légende dont la pandore assura les frais et dont Léon Gerbe s’empara non sans quelque exagération.

Quelques jours plus tard, Papon fut arrêté par les gendarmes de Condat et reconduit à Toulon. Chabrier demeurait introuvable, si bien que les autorités emprisonnèrent tous ses proches, dont le maire de Saint-Amandin accusé d’avoir contresigné des faux passeports. Le procureur général suggéra même de remettre en liberté l’un des faussaires, le tailleur Fabre de Condat, qui, moyennant finances, eût pu conduire les forces de l’ordre jusqu’au " rebelle ". Méthode que désapprouva le ministre... C’eût été reconnaître la faiblesse du régime, indiqua-t-il.

A la fin du printemps 1858, François Chabrier n’apparut plus dans les rapports de la gendarmerie ou dans les comptes rendus préfectoraux. C’est à ce moment-là qu’il sort de l’histoire. Désarçonné, déçu, l’historien se trouve alors dans l’impasse. Il ne stoppe pas son enquête mais ne peut plus s’en remettre qu’à la chance. C’est aussi là qu’il retrouve les habits du ressortissant de l’Artense. Et ne peut s’empêcher de nourrir un certain regard, non dénué de sympathie, à l’endroit d’un individu qui, totalement analphabète, avait su cependant berner les plus grands négociants des places fortes commerciales de notre pays. Comme une revanche du peuple ».

 

PHOTOS PERSONNELLES DE LA GROTTE DES FAUX MONNAYEURS PRISE EN NOVEMBRE 2008

 

Photos diverses de sept a nov 2008 030

 

Photos diverses de sept a nov 2008 028

 

Photo ci-dessous trouvée dans le livre de Christian Estève. lorsque je lui ai acheté son livre sur François Chabrier, il m'avait précisé que cette photo lui avait été remise par l'ancienne propriétaire de l'auberge. Ladite auberge est restée dans la même famille de sa date de construction jusqu'à sa vente en 2006.

En regardant cette vieille photo de l’auberge de la Rhue, je crois voir surgir ce brigand devenu sans doute légendaire puisque personne n’a jamais retrouvé sa trace ensuite. Je l’imagine, apparaissant tel un fantôme sorti tant de l’imagerie populaire et du temps, que du coin des bois ou des rochers escarpés qui longent la grande Rhue, cette rivière qui rejoint sa sœur dite la petite Rhue au lieu-dit de Coindre, pas loin du « pont des faux monnayeurs » et pas loin de ladite auberge construite sans doute vers la même époque au milieu du 19ème siècle. Il m’a été raconté qu’il aurait pu y passer et qu’il était nourri furtivement par les gens du coin par solidarité cantalienne sans doute. 

 

Auberge de la rhue dans les annees 1850 3

 

Cette maison m’a inspirée le poème ci-dessous.

 

LA MAISON PRÈS DE LA RIVIÈRE

 

C'est une vieille dame altière

Qui se dresse près de la rivière,

Vêtue de ses seuls atours de pierres

Qu'elle abrite sous les sapins verts.

 

Elle ouvre la clef du cœur sur la rue

Mais ses yeux s'illuminent sur la Rhue.

L'hiver, elle est triste et grise,

L'été lui rend les couleurs promises.

 

Sur le cou de son mur, un beau rosier

La pare de la beauté d'un collier.

Elle se parfume de ce lilas blanc

Qui réveille ses sens au printemps.

 

Elle trône au bord de la route,

Dans sa beauté d'antan, aucun doute.

La rivière qui lui baise les pieds

Lui dépose en cadeau, des galets.

 

Elle a tant vécu et ses vieux murs

Sont empreints de ce passé assez dur

Où la terre buvait le sang du labeur

Et où le pain se gagnait en sueur.

 

On raconte qu'il y a fort longtemps,

Elle vit passer un certain brigand

Qui se cacha dans les bois alentours,

Avant de finir au bagne, ses jours.

 

Cette vieille dame a du charme

Et chaque fois, nous rendons les armes.

Elle chante pour nous l'espérance,

Dans la douceur de belles vacances.

 

TOUS DROITS RÉSERVÉS V.B-BROSSE alias SHERRY YANNE 8 mars 2013

Enregistré sous copyright N°00054250 avant diffusion publique sur internet

Recueil A L’ENVERS DE MON UNIVERS EN VERS

ISBN : 978-2-37499-031-6

Publié aux Editions ANTYA

PHOTO PERSONNELLE représentant la Rhue en mai 2010

 

14 mai 2010 11 1

 

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Commentaires (6)

Evelyne
  • 1. Evelyne | 28 nov 2017
Merci pour ce récit illustré de belles photos
Et Beau poème
sherryyannepoetesse
  • sherryyannepoetesse | 29 nov 2017
Merci beaucoup pour ta lecture et ton commentaire. Bonne journée à toi Amitié
Nadège
  • 2. Nadège | 29 nov 2017
Beau récit,beau poème, le tout bien relaté....merci
Un petit conseil.....signez vos photos.....
Bonne journée
sherryyannepoetesse
  • sherryyannepoetesse | 29 nov 2017
Bonjour! Merci de votre lecture! Je sais que je devrais signer mes photos pour éviter tout problème mais j'avoue que je ne sais pas comment faire. Pouvez vous me conseiller? Merci à vous Bonne soirée
Chacha
  • 3. Chacha | 29 nov 2017
J'adore ton poème avec ses histoires qui est de l'histoire <3
Les photos sont parfaites
sherryyannepoetesse
  • sherryyannepoetesse | 29 nov 2017
Merci beaucoup pour tes mots et pour ta lecture! Petite ballade dans le Cantal avec histoire locale du coin! Il y a sans doute plein d'histoires à découvrir. A Bientôt sur mon site! Bises amicales

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Date de dernière mise à jour : 11 avr 2020