LA GUERRE D’ALGÉRIE UNE PAGE DE L'HISTOIRE DE FRANCE

LA GUERRE D’ALGÉRIE UNE PAGE DE L'HISTOIRE DE FRANCE

LA GUERRE D’ALGÉRIE UNE PAGE DE L'HISTOIRE DE FRANCE​

 

LA GUERRE D’ALGÉRIE SUBIE PAR DES JEUNES SOLDATS

 

Cet article me tient à cœur depuis un certain temps et je n’avais pas le courage de l’écrire. Maintenant que mon père qui a vécu ce conflit contre son gré, n’est plus de ce monde, je me décide enfin à raconter ce que lui a vécu et sans doute plein d’autres jeunes hommes. Beaucoup des jeunes gens de cette époque, âgés de 20 ans ou à peine plus, ont été entrainés dans une guerre qu’ils ne ressentaient pas comme étant la leur, puisque ce n’était pas leur patrie (La France) qu’ils allaient défendre.

Mon père disait toujours « pourquoi nous avoir envoyé là-bas, c’était normal que les algériens veuillent leur indépendance, la France aux français et l’Algérie aux algériens. En 1945, c’était normal de chasser les allemands de France mais dans le contexte de la guerre d’Algérie, nous n’avions rien à faire chez eux »

Avant de continuer mon article, je vais faire un bref résumé historique avec les deux textes suivants trouvés sur deux sites et retranscrits littéralement en citant la source au-dessous de chaque paragraphe.

Historiquement :

- La guerre d'Algérie a longtemps été une "guerre sans nom". Ce conflit qui fut qualifié de " maintien de l'ordre", est sans doute le plus âpre des conflits de décolonisation. C’est aussi une guerre sans parole : ceux qui l'ont faite ont tu ce qu'ils y ont vu, entendu, fait. Par la violence de ses affrontements, elle contribue à opposer durablement Français et Musulmans mais aussi à diviser l'opinion publique.

Chronologie :

-1er Novembre 1954 => Une vague d'attentats marque le début de la guerre (la Toussaint Rouge)

 -30 Août 1955 => L’état d’urgence est proclamé dans toute l’Algérie.

- Septembre 1956  => Les effectifs militaires: 600 000 hommes en Algérie.

- 1er Novembre 1956 => Premiers attentats à la bombe du FLN à Alger. En représailles, des civils français organisent desratonnades.

- 7  Janvier 1957 =>Début de la bataille d’Alger.

-  28 Mai 1957 => Massacre de la population de Melouza par le FLN.

- 26 Avril 1958 => Manifestations à Alger pour l’Algérie française.

-19 Septembre 1958 => Formation du gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA).

-10 Novembre 1959 => Appel de De Gaulle au cessez-le-feu.

- 24 Janvier 1960 =>Début de la semaine des barricades à Alger

- 9/12 Décembre 1960 => Manifestations violentes à Alger

-Août - Automne 1961 => Attentats du FLN et de l’OAS en Algérie

- 16 Mars 1962 => Signature des accords d’Évian.

- 19 Mars 1962 => Annonce officielle du cessez-le-feu en Algérie.

- 1er Juillet 1962 => Référendum en Algérie, l’indépendance est approuvée par 99,72 % des voix.

- 5 Juillet 1962 =>Proclamation de l’indépendance. Bilan de la guerre : 300 000 à 600 000 morts.

Source : http://emiliecarles.e-monsite.com/pages/guerre-d-algerie/

Dont la Source est : L'Humanité

Contexte historique : L'Algérie et la France en guerre.

a) Pourquoi la guerre?

Le peuple Algérien, qui a été colonisé de 1830 à 1962, par les troupes Françaises, ne supportaient plus les différences entre les Français résidant en Algérie, dit « pieds-noirs », et les Algériens. Les Pieds-Noirs4 avaient plus de droit. Par exemple, ces derniers avaient les terres les plus fertiles du pays, sachant que les Algériens recevaient les terres moins bonnes, ce qui provoquait des famines et des maladies, suite aux mauvaises conditions.

Les massacres, les maladies, les famines, les guerres, et les inégalités entre Français et Algériens provoquent les premières manifestations. Notamment « le massacre de Sétif » en 1945, une manifestation anti-française dans la ville de Sétif qui a coûté la vie à 40 000 hommes, Français et Algériens. Ces manifestations furent provoquées par le Front Libérale Nationale (FLN), un parti politique qui s’engageait pour l’indépendance Algérienne et qui avait une certaine haine contre les Français. Ce parti utilisait la terreur, la menace de mort et la torture pour contrôler le peuple, afin d’avoir un maximum d’informations sur le régime politique Français en Algérie.

La guerre se déclenche le 1er novembre 1954, avec le premier attentat du FLN, 57 attentats, en Algérie et en France, vont se poursuivre jusqu’au accords d’Évian.

b) Abandon de la France et indépendance de l'Algérie

Il faut savoir que l’armée Française n’était pas uniquement composée de soldats Français, sachant qu’environ 60 000 soldats et espions Algériens faisant partis dans les troupes Françaises.

En 1959, le général de Gaulle reconnaît le droit à l’autodétermination politique aux Algériens non harkis, suite aux complications que la guerre a fait naître. L’Algérie devient un pays indépendant le 5 Juillet 1962 suite aux accords d’Evian, mais aucune loi n’a été faite pour les Harkis qui étaient fidèles à la France pendant la guerre, c’est pour cela que de nombreux historiens les nomment « les oubliés de l’Histoire ». Ils furent emprisonnés voir massacrés pour les membres du FLN, suite aux services qu’ils ont rendu à l’ennemi et pour la trahison envers le pays.

5 Juillet 1962, l'Algérie redevient un pays indépendant, après 132 ans de colonisation. PCF.fr

Source : http://tpe-harkis-2013.e-monsite.com/

source: wikipedia et harkis.fr

Je lis constamment des publications ou des commentaires sur les réseaux sociaux notamment qui me font hérisser le poil.

L’Algérie et ses habitants ne cessent d’appeler la France à la repentance et à la condamnation des actes commis pendant la guerre, comme si L’Algérie et ses habitants étaient les seuls victimes. Il ne faut pas oublier les attentats de guérilléras, et les attaques non militaires, commis par le FLN, (Front de Libération Nationale) qui ne procédait pas dans la dentelle. Les soldats français sont aussi des victimes collatérales d'une politique gouvernementale qui leur était complètement étrangère et indifférente et ils se sont faits massacrer par le FLN pour rien. 

Qu'est ce qu'était le FLN en Algérie? 

Fondé le 23 octobre 1954 en Algérie française, le FLN apparut publiquement le 1er novembre 1954 pour engager une lutte de libération nationale contre la « France coloniale », présente depuis 1830, et pour la création d'un « État algérien démocratique et populaire ».

Il a été créé à l'initiative du Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA), en appelant à l'union de toutes les forces politiques nationalistes pour la lutte de libération du pays. Il est composé par ceux qui deviendront les six « chefs historiques » du FLN : Krim Belkacem, Mostefa Ben Boulaïd, Larbi Ben M'Hidi, Mohamed Boudiaf, Rabah Bitat, Didouche Mourad.

Sa première apparition se traduisit dans les faits par des attaques plus ou moins désordonnées contre l'armée française, installations militaires, commissariats, entrepôts, équipements de communications, et des bâtiments publics, principalement dans les régions des Aurès et de la Kabylie. Ces attaques, qui prirent par la suite le nom de Toussaint rouge, s'accompagnèrent de la déclaration dite du « 1er novembre 1954 », dans laquelle le FLN invitait le peuple d'Algérie à s'associer à la « lutte nationale ». Le front nationaliste algérien est le premier mouvement nationaliste à user de la violence et l'adoptant comme mode principal d'action. Il marquait ainsi une rupture avec les autres mouvements tels que l'Union démocratique du manifeste algérien (UDMA) de Ferhat Abbas, le Mouvement national algérien (MNA) de Messali Hadj ou encore l'Association des oulémas musulmans algériens. Cependant, en mai 1955, Ferhat Abbas rejoint le FLN dans sa lutte pour l'indépendance. Des attaques furent organisées par le FLN (Front de libération nationale) contre les colons européens d'Algérie. Une trentaine d'attaques plus ou moins désordonnées ont lieu le jour de la Toussaint dans tout le territoire algérien. Le bilan est de sept morts.

Le FLN était doté d'une branche armée, l'Armée de libération nationale (ALN), dotée d'un état-major ainsi que d'une organisation militaire par laquelle les zones de combat furent divisées en 5 régions militaires. L'armement provenait essentiellement d'Égypte et était acheminé via le Maroc ou la Tunisie. À partir de 1958, les combattants FLN étaient suffisamment bien équipés et entraînés pour mener une guerre de guérilla. Devant la forte répression des forces françaises, les dirigeants de la rébellion durent constituer des dépôts d'armes en territoires tunisien et marocain. Lorsque la France renforce le contrôle des frontières et installe les lignes Challe et Morice, une grande partie de l'armement n'est pas acheminé. Il en résulte, à la fin du conflit, une armée des frontières du FLN surarmée, qui échappait le plus souvent aux forces françaises, et des « moudjahidine » du maquis en Algérie presque sans équipement.

Source Wikipédia

Les jeunes soldats français, « parachutés » dans un pays dont ils ne connaissaient ni la géographie, ni les coutumes, ni la culture, ni la religion et les mœurs, se sont retrouvés dans un univers hostile, une contrée lointaine ennemie, qui ne ressemblait en rien à leur douce France. Ils devaient vivre dans la peur constante d’être victimes d’un attentat ou d’un égorgement par traîtrise et quand on a 20 ans, qu’on n’a jamais quitté la France et que son univers se résume, au monde ouvrier et agricole, comme c’était le cas pour mon père, c’était atterrir en « plein cauchemar ».

Tous ces « gamins » ont été arrachés à leur vie, leur famille, leur travail, leur destinée, pour être transportés en masse dans des trains qui les ont conduits à Marseille.

Mon père a souvent raconté comment, plusieurs d’entre eux, ne sentant pas concernés par cette guerre qui n’était pas la leur, se sont rebellés sur les quais du port à Marseille avant de prendre le bateau pour l’Algérie. Bien évidemment, ils ne faisaient pas le poids contre l’armée, et c’est par la force qu’ils sont partis vers ce pays dont certains ne sont jamais revenus.

Le frère de mon ex-belle sœur fut un des premiers morts. Il avait 20 ans et sa dépouille fut rapatriée en France dans un cercueil, tellement lourd, que son père disait que ne c’était que des pierres dans le cercueil, des pierres qui représentaient plus ou moins le poids du défunt. Ce jeune homme repose sans aucun doute, comme tant d’autres, dans un coin d’Algérie, un oublié parmi les oubliés.

Mon père, quant à lui a eu la chance de revenir mais jusqu’aux derniers jours de sa vie, il a évité le sujet. Nous en avons pourtant parlé lorsque j’étais plus jeune, car je voulais connaître cette période de l’Histoire de France, qui faisait partie intégrante de sa propre histoire personnelle. Il m’en a dit suffisamment pour que je puisse comprendre l’enfer qu’il a vécu, si loin de sa famille, dans un environnement de méfiance permanente.

Personnellement, je me souviens d’une certaine scène. Je n’avais pas 10 ans (lui devait avoir dans les 35 ans grand maximum) et nous étions dehors à regarder les étoiles. Un moment donné, il y a eu du bruit. Ce n’était sans doute que le bruissement des feuilles des arbres autour de nous, pourtant mon père s’est retourné violemment en sortant un couteau de sa poche, comme si un ennemi était derrière nous. Je suis restée interloquée et pour me rassurer, il a inventé je ne sais plus quoi.

Plus tard, je lui ai reparlé de cette scène et comme j’étais plus grande, il m’a raconté, les scènes qu’il a vues, des visions d’horreur, celles des copains éventrés, égorgés, émasculés, (ledit organe génital placé dans la bouche de la victime égorgée).

Comment ne pas prendre conscience du choc psychologique ressenti par ces garçons de 20 ans qui avaient vécu leur enfance et leur adolescence dans les privations de la guerre et des conséquences sordides subies même dans des petits villages de campagne, et qui se retrouvaient de nouveau confrontés à la guerre et toutes les horreurs s’y rattachant !

Comment l’imaginer avec notre vision d’enfants nés après-guerre, n’ayant connu comme inconfort que les périodes de chômage en termes de privation, en n’ayant de la guerre, qu’une perception devinée à travers des documentaires ou des livres ?

Le monde n’est pas tout blanc ou tout noir. Il n’y a pas d’un côté les gentils et de l’autres les méchants.

Paul Valéry disait que la guerre était faite par des gens qui ne se connaissent pas et s’entretuent au profit de gens qui se connaissent bien et ne se font aucun mal. Je n’ai pas la citation exacte en tête mais cela en est la synthèse.

C’est la raison pour laquelle je ne supporte plus la victimisation à sens unique.

Une guerre n’est jamais propre et elle fait des dégâts des deux côtés, il ne faut jamais l’oublier. C’est trop facile de toujours incriminer l’autre sans jamais se regarder en face.

Pourtant si on reprend l’Histoire avec un grand H, on se rend compte que tour à tour, chaque pays victime d’un pays en devient son bourreau ou l’inverse et que si on devait comptabiliser les points, on arriverait sans doute à une parfaite égalité dans le sordide, mais ce n’est que mon point de vue.

Pour en revenir à mon père, je sais qu’il parlait d’Oran, du Sahara donc je sais qu’il est passé par ces endroits précis mais je n’en sais guère plus.

Il lui reste un album-photos qu’il a soigneusement conservé et vers la fin de sa vie, j’avais transféré lesdites photos sur mon ordinateur, pour qu’il puisse les visionner en grand, sa vue s’étant beaucoup affaiblie.

Ce n’est pas la première fois que je remarque que les « vieilles gens » qui avaient occulté certaines choses de leur passé, les faisaient ressurgir du néant dans les dernières années de leur vie.

Mystère et Complexité de l’âme humaine !

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Tous droits réservés 29 février 2020

Viviane B-Brosse alias Sherry-Yanne

Enregistré sous copyright 00067596 avant diffusion puiblique

Publié sur mon site Sherry-Yanne en Poésies le même jour

 

Photos d'illustration "Guy Mollet" articles de presse de l'époque

 

Guy mollet bis

 

Guy mollet
 

L’Algérie chanson de Serge Lama

Paroles

Dans ce port nous étions des milliers de garçons

Nous n'avions pas le cœur à chanter des chansons

L'aurore était légère, il faisait presque beau

C'était la première fois que je prenais le bateau

L'Algérie

Écrasée par l'azur

C'était une aventure

Dont on ne voulait pas

L'Algérie

Du désert à Blida

C'est là qu'on est parti jouer les petits soldats

Aux balcons séchaient draps et serviettes

Comme en Italie

On prenait de vieux trains à banquettes

On était mal assis

L'Algérie

Même avec un fusil

C'était un beau pays

L'Algérie

Ce n'était pas un port à faire du mélo

Et pourtant je vous jure que j'avais le cœur gros

Quand ils ont vu le quai s'éloigner, s'éloigner

Y en a qui n'ont pas pu s'empêcher de pleurer

L'Algérie

Écrasée par l'azur

C'était une aventure

Dont on ne voulait pas

L'Algérie

Du désert à Blida

C'est là qu'on est parti jouer les petits soldats

Nos fiancées nous écrivaient des lettres

Avec des mots menteurs

Le soir on grillait des cigarettes

Afin d'avoir moins peur

L'Algérie

Même avec un fusil

C'était un beau pays

L'Algérie

Un port ce n'est qu'un port, mais dans mes souvenirs

Certains soirs malgré moi je me vois revenir

Sur le pont délavé de ce bateau prison

Quand Alger m'a souri au bout de l'horizon

L'Algérien

Écrasée par l'azur

C'était une aventure

Dont je ne voulais pas

L'Algérie

Du désert à Blida

C'est là que j'étais parti jouer les petits soldats

Un beau jour je raconterai l'histoire

A mes petits enfants

Du voyage où notre seule gloire

C'était d'avoir vingt ans

L'Algérie

Avec ou sans fusil

Ça reste un beau pays

L'Algérie

Source : LyricFind

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Date de dernière mise à jour : 11 avr 2020