ENFANTS NÉS HORS MARIAGE

ENFANTS NÉS HORS MARIAGE

ENFANTS NÉS HORS MARIAGE

ET/OU

ENFANTS LÉGITIMÉS PAR MARIAGE

 

Dans les différents groupes de généalogie que l’on trouve sur Facebook, revient souvent la question du choix de remonter une branche familiale ou pas, lorsqu’un enfant naturel est légitimé par le mariage subséquent de ses père et mère, plusieurs mois ou plusieurs années plus tard.

Pour simplifier, il s’agit de la reconnaissance d’un enfant naturel dit « bâtard » (de l’ancien français « bastard » qui signifie « né hors mariage », sans toute la connotation péjorative que notre monde actuel accorde à ce mot). Lors du mariage de l’homme qui épouse la mère de l’enfant, il fait le choix de reconnaître pour sien et de donner une existence légitime en même temps que son patronyme (nom de famille) à un enfant classé comme illégitime par la bien-pensance sociétale. Certains hommes refusent de faire ce choix et l’enfant reste avec le fardeau du poids de sa naissance en dehors de la norme cultuelle et culturelle.

Dans certains cas de figure, le père est bien le père biologique et il assume sa paternité en épousant celle qu’il a déshonorée pour lui éviter d’être mise au ban de la société.

Dans la plupart des cas, ces enfants sont nés par accident car les moyens contraceptifs n’existaient pas autrefois et une belle histoire d’amour vécue dans l’instant, avec toute la passion de l’amour et de la jeunesse, pouvait avoir des conséquences tragiques pour ne pas dire funestes pour les jeunes filles qui avaient fêté Pâques avant les Rameaux.

Malheureusement, il n’y avait pas que des histoires d’amour consenties et beaucoup de jeunes filles placées par leurs familles dans des fermes, ou chez des notables, des bourgeois, des artisans, étaient victimes de viols du fait de leurs employeurs ou des autres employés imposant leur désir par la force brutale. Ce n’est pas un phénomène nouveau et si maintenant, les femmes osent dénoncer les agressions sexuelles dont elles sont victimes, autrefois, elles se taisaient pour ne pas subir une répression sociale et familiale. Certaines de ces pauvres filles naïves ont fini sur les trottoirs des grandes villes ou dans des maisons closes, dont certaines n’étaient que des maisons d’abattage. Un simple abandon d’un soir d’été pouvait conduire certaines à l’esclavage sexuel.

 

Enfants trouves3 2

 

Dans ce dernier cas de figure, les enfants atterrissaient chez des nourrices qui n’ayant rien à faire des nourrissons confiés les laissaient souvent mourir de faim ou de manque de soin. Il faut lire certains registres pour se rendre compte du nombre de décès d’enfants en bas âge, confiés à des nourrices dans les coins ruraux. Les autres enfants moins chanceux, (quoique vu le destin de ceux en nourrice, je ne suis pas persuadée qu’ils étaient moins chanceux), finissaient à l’assistance publique. Pour ceux ayant des aïeux venus de l’assistance, je pense que cela n’est pas simple pour remonter la trace de leurs ancêtres.

 

Enfants assistance publique 1

 

D’autres femmes moins chanceuses ou paniquées à l’idée qu’on découvre leur grossesse non désirée avaient recours à des faiseuses d’anges, ou se livraient sur elles-mêmes à des avortements tragiques qui les tuaient elles et leurs fœtus. D’autres dissimulaient leur ventre pendant 9 mois et à la naissance tuaient leurs nourrissons et l’enterraient dans des endroits plus ou moins cachés. La plupart du temps, ces pauvres filles se faisaient prendre par la justice d’alors qui ne badinait pas tant avec les avortements qu’avec les infanticides et ces pauvres femmes désemparées finissaient sur l’échafaud ou au bagne.

 

Femmes au bagne

 

Pour revenir aux cas plus classiques des filles mères, notamment en milieu rural où elles sont bonnes à tout faire, bergères ou autres, celles-ci se mariaient souvent avec un homme plus âgé ou veuf avec des enfants en bas âge, ce qui fait que tout le monde y trouvait son compte. La femme avait un père pour son enfant et le mari une épouse et une mère pour lui et pour sa famille, s’occupant des enfants, du ménage, des repas, de l’entretien du poulailler, choses que lui ne pouvait pas faire en ses temps où les journées de labeur étaient étendues du lever au coucher du soleil, tant dans les fermes que dans les industries naissantes, les mines etc. Les mœurs de l’époque étant aux familles nombreuses, suivant les préceptes de l’église catholique, qui ne voyait dans le mariage que la perpétuation de l’espèce humaine (voir la fameuse chemise conjugale à pertuis), la nouvelle épouse se retrouvait vite à s’occuper d’une famille très nombreuse, et il n’était pas rare qu’à 50 ans, elle meurt épuisée d’avoir subi un accouchement par an ou tous les deux ans dans le meilleur des cas.

 

Chemise de nuit a pertuis

 

Je viens d’énoncer plusieurs possibilités s’étalant sur plusieurs siècles mais cela existait encore, il n’y a pas si longtemps et dans les générations plus rapprochées de nous, il existe dans certaines familles, des faits identiques et c’est sur ce sujet précis que j’avais été interpellée dans un groupe de généalogie, notamment.

Cette personne s’était rendue compte qu’un de ses sosas n’était pas le père biologique d’un autre sosa, et elle avait posé la question de savoir si oui ou non elle devait faire la filiation ascendante de cet aïeul. Les avis étaient apparemment partagés, ce qui m’a surprise.

En l’occurrence, pour moi, il n’y a aucune hésitation. Une famille, est constituée des liens du sang, bien évidemment mais aussi des liens du cœur. Un père qui donne son nom à un enfant et le légitime devient réellement son père tout comme un parent adoptif, remplaçant dans sa fonction le père biologique, et de ce fait, sa famille devient la famille de l’enfant légitimé ou adopté.

J’ai souvenir d’un fait remontant à mon adolescence, je crois. Je venais d’apprendre que le père d’un de mes camarades, n’était pas son père biologique mais qu’il l’avait reconnu en épousant sa mère. J’ai dû faire une réflexion comme on est capable d’en faire à 12 ans et mon père m’avait tancée vertement en me disant que pour lui, un père c’est « celui qui paye les galoches et non pas celui qui passe comme un voleur avant de repartir ». Cela m’avait marquée et je ne l’ai jamais oublié. D’ailleurs, je pense que c’est à propos de cette situation que mon esprit s’est depuis ouvert aux autres, ne jugeant pas, cherchant à comprendre la différence chez les uns et les autres. Ma sottise d’alors a ouvert en moi les portes de la réflexion et de cela, je suis fort aise.

Donc en ce qui me concerne, même si je trouve un enfant né hors mariage et légitimé ensuite par mariage, je considère que cet enfant là fait partie de la famille, et je cherche son ascendance car cette famille de cœur est forcément devenue ma famille.

Ce n’est que mon opinion personnelle et je n’oblige, bien évidemment personne à penser comme moi.

Bonne lecture à vous tous !

A bientôt pour un nouvel article généalogique.

 

Tous droits réservés V.B-Brosse alias Sherry-Yanne

2 juillet 2018

Enregistré sous copyright N°00060780 et 00067596 avant diffusion publique sur internet.

Publié sur mon site SHERRY-YANNE EN POÉSIES

Rubrique Histoire et Généalogie

Toutes les photos illustrant cet article ont été trouvées sur internet 

 

Enfants assistance publique

 

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Commentaires (10)

Isabelle Jachym
  • 1. Isabelle Jachym | 02 juil 2018
tres bel article, merci
sherryyannepoetesse
  • sherryyannepoetesse | 03 juil 2018
Merci infiniment pour avoir lu et aimé cet article ! bonne journée ! bsisous !♥
brotons
  • 2. brotons | 03 juil 2018
excellent viviane j'adore bel écrit bisous
sherryyannepoetesse
  • sherryyannepoetesse | 03 juil 2018
Merci beaucoup ! je suis heureuse de voir que cet article que javais envie d'écrire depuis un certain temps, aie touché les gens. Merci de l'avoir lu et d'avoir aimé ! bonne journée! bisous ♥
Valérie
  • 3. Valérie | 04 juil 2018
très bel article, merci beaucoup
sherryyannepoetesse
  • sherryyannepoetesse | 06 juil 2018
Merci beaucoup pour votre lecture, et votre gentil commentaire! bon week-end à vous !
Danièle Labranche
  • 4. Danièle Labranche | 08 sept 2019
Je rencontre là un article qui m'interpelle puisque née d'un père ou plutôt géniteur qui a quitté ma mère alors que je n'avais que trois mois et qui ne m'a pas reconnue civilement, seulement à l'église le jour de mon baptême, et dont j'ai découvert la véritable identité aux alentours de mes 50 ans. J'ai été cette ''bâtarde'' comme se plaisait à le rappeler le frère de ma mère, mon oncle qui lui était tout simplement le gendre de mon père dont il avait épousé la fille. Il valait mieux rapporter tous les torts sur sa sœur que sur son beau-père. Cette fille là, ma tante, n'a jamais voulu reconnaître que nous étions demies-sœurs, même avec la preuve qu'apportait mon acte de baptême. J'ai grandi avec cette tâche et encore aujourd'hui j'en garde des séquelles. J'aimerais bien entreprendre mon arbre généalogique si toutefois j'en trouve le temps. J'ai beaucoup apprécié vos écrits. Amitié.
sherryyannepoetesse
  • sherryyannepoetesse | 12 sept 2019
Bonjour! Je viens de lire votre commentaire que je trouve très triste. Malheureusement quand on fait de la généalogie ou lorsqu'on échange avec d'autres personnes "généalogistes", on se rend compte que les cas d'abandon et de non reconnaissance étaient fréquents. La mère célibataire dite "fille-mère" à l'époque était jetée en pâture à l’opprobre publique et le malheureux enfant, pauvre petit innocent, était souvent victime de maltraitance de la part de son entourage ou de la société (culture religieuse) en général. Je pense que votre enfance a eu pour conséquence de savoir si bien écrire des émotions que je lis dans vos poèmes. Bonne journée à vous !
Espin
  • 5. Espin | 20 jan 2020
Re-bonjour
Un petit complément à votre (excellent) article.
Je fais en ce moment des recherches sur la famille de mon (seul et unique) ancêtre savoyard.
En Savoie (XVIIIe siècle et plus), les enfants illégitimes étaient "donnés" au père qui devait les prendre en charge. Reste à savoir si le "père" désigné par la parturiente était bien le géniteur.... le mystère demeurera toujours
Ceci est confirmé par les études historiques locales.
Je descends donc d'un garçon "donné'. Mais le père a eu en fait 3 enfants hors mariage avec ... sa cousine germaine. Un an environ après le troisième, il s'est marié avec une autre (sans doute faute d'autorisation pontificale) et elle s'est mariée beaucoup plus tard...
Garçon "donné", il a lui-même eu un fils hors mariage, régularisé cette fois.
A la même époque en Saône-et-Loire, on parle simplement d'enfants "illégitimes". Le nom du père n'apparait pas toujours, parfois il est donné par la sage-femme (a t-on forcé la parturiente pour obtenir un nom ?). La "régularisation" est fréquente : le mariage et le baptême ayant parfois lieu en même temps. Une jolie expression : "sous la toilette" pour désigner ce cas.
Bonne journée
sherryyannepoetesse
  • sherryyannepoetesse | 31 jan 2020
Bonjour, Merci de votre lecture de certains de mes articles et des commentaires que vous y avez apportés, car tous les compléments d'information sont bons à prendre pour avancer en généalogie et comprendre la mentalité des siècles précédents, fort différente de notre perception moderne du 21ème siècle. Bonne journée à vous !

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Date de dernière mise à jour : 11 oct 2019