Cafe psy 1

CAFÉ PSY

CAFE PSY

Assise sur la terrasse, une tasse de café posée sur la table, les chiens couchés à mes pieds, je regarde le village au loin.

Celui-ci trône majestueusement sous le ciel d’azur, parmi les prés verdoyants. Cette clarté matinale illumine l’horizon, adoucissant le paysage.

C’est beau tout simplement !

Je ne me lasse jamais de cette beauté rurale et paisible.

J’apprécie l’instant, la douceur de la fraîcheur matinale, les oiseaux gazouilleurs et je ne fais même plus attention aux engins agricoles qu’on entend dans le lointain.

J’ai 57 ans cette année et je repense à mon enfance, à mes grands-parents faisant paître leurs moutons dans ce pré aride et caillouteux, que j’appelais le « pré aux genêts d’or », sur lequel fût bâti ma maison, cinquante ans plus tard.

Je me souviens de ce rocher à même le sol sur lequel s’étendait du serpolet (thym sauvage) odorant dont les lapins étaient friands.

Rocher, serpolet et genêts ont disparu lors de la construction de la maison, les vieux arbres que j’avais connu ont été arrachés mais les lapins sont toujours là, à peine effarouchés par les humains qu’ils narguent malicieusement et complètement indifférents aux chiens, aux brebis et aux poules, se promenant librement dans l’immensité de l’enclos.

J’ai 57 ans, l’âge que mes deux grands-mères avaient pour mes 5 ans.

Je suis à l’automne de ma vie et je n’ai toujours pas de petits-enfants biologiques.

En aurais-je un jour ?

Je ne sais pas !

Je l’espère !

Mes fils vivent leur vie !

Bien ou mal, ils font leurs choix de vie et je n’ai aucun droit de regard sur leur destinée. Je ne peux que les conseiller, les encourager dans leurs projets, ou marquer mon désaccord éventuellement.

Je suis leur mère, je leur ai donné la vie mais ils ne m’appartiennent pas.

Le grand Archer a tendu son arc pour faire voler ses flèches dans le temps. Chacun d’entre eux est une de ces flèches.

Je suis à l’automne de ma vie et si je devais retourner dans le passé, j’aimerais pouvoir modifier certains évènements car mon présent ne ressemble absolument pas à mes rêves d’enfant et mon passé parsemé d’embûches, d’amertume, de désillusions, de souffrances, a vieilli prématurément la femme au regard lumineux que certaines photos, pas encore jaunies, ont immortalisée.

Quelques mois en arrière, je disais encore « j’ai 50 ans au compteur mais 30 ans dans ma tête ».

Puis le cancer est arrivé, achevant le travail de sape que les années de désespoir n’avaient réussi à entamer.

Enfin le burnout, ce fichu burnout d’origine familiale et professionnelle s’est installé insidieusement, sans y avoir été invité, brûlant mes dernières cartouches, incendiant mes murs de résistance, dynamitant mon mental en acier trempé, ravageant toutes mes certitudes, détruisant toute mon énergie.

Il ne reste qu’un spectre noirci, carbonisé dans sa douleur, dans sa désespérance.

Pourtant l’âme du fantôme survit et ne s’avoue pas vaincue, pas encore !

Handicapée, amputée de ses idéaux, fracassée de la vie, elle se relève, droite, fière et elle se répète ce qu’elle s’est toujours dit dans ses combats contre le sort qui s’acharnait sur elle :

« Ta dignité est ta seule richesse, bats-toi, ne laisse pas le malheur établir son emprise sur toi, sur ton moral. Relève la tête, affronte tes détracteurs, souris à ceux qui te crucifient et avance la tête haute, le regard fier et ne te retourne surtout pas car ta vie est devant toi et tes regrets sont derrière toi ».

La fatigue physique et mentale a emprisonné toutes mes facultés dans ses chaînes aliénantes mais selon le médecin, elle devrait s’atténuer au fil du temps, même si cela prend des mois ou des années.

Mon immense chance, quelque part, est cette incroyable force qui m’a permis de faire face aux aléas de la vie, de culbuter les obstacles et d’enfourcher le cheval de l’optimisme. C’est un don de Dieu pour m’aider à lutter contre les épreuves qu’il m’a imposée tout au long de mon existence.

L’intérêt pour l’écriture et le sens de l’analyse, voire de l’auto-analyse sans aucune concession, sont deux autres cadeaux précieux qui m’ont été donnés par le Créateur.

Ce sont des armes efficaces pour combattre les turpitudes de la vie et gagner la bataille contre ses propres peurs.

Pour moi l’écriture est un des chemins conducteurs vers la voie de la guérison, ce que mon médecin a bien compris, puisqu’il m’a conseillée d’écrire pour soulager ma souffrance intérieure.

Je reviens à la réalité, toujours assise sur ma terrasse enchanteresse et je laisse mon regard partir vers l’immensité de l’horizon.

Le paysage que je contemple est celui que mes ancêtres ont admiré et cultivé avec amour, et il restera immuable aux yeux de mes descendants.

Il symbolise l’éternité du temps qui passe inexorablement.

Vivons l’instant présent car nul ne connaît le jour, l’heure et le lieu.

Que la paix soit sur vous et vos proches !

 

Tous droits réservés VBB le 26 juillet 2016

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Photo internet

 

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