Dessine moi un mouton

A L’AUTOMNE DE MA VIE

A L’AUTOMNE DE MA VIE

Me voilà approchant de la soixantaine à grands pas, comme si je n’avais pas eu suffisamment de temps pour vivre, comme si je ne l’avais pas vu passer ce fichu temps qui s’éloignait toujours de plus en plus, chaque fois que je croyais l’avoir enfin attrapé pour l’apprivoiser comme un ami fidèle. Hélas, je n’y suis pas arrivée pas plus que mes ascendants n’ont pu le faire et que mes descendants ne le pourront, non plus.

A l’approche de cette fin d’automne et avant d’entrer dans l’hiver de ma vie, je laisse mes pensées s’évader au loin dans l’espace-temps et mes souvenirs remonter à la surface.

La société prend un virage dangereux, se tournant vers tous les marchands du temple, disciples de valeurs qui ne sont pas les miennes, propageant des idéaux qui sont incompatibles avec ma vision de la vie, de la citoyenneté, du vivre ensemble.

Le pouvoir et l’argent sont devenus des vecteurs de la société encore plus intenses que par le passé. Il n’y en a jamais assez pour certains et tout est bon pour trouver des solutions pour revenir en arrière et remettre le peuple, enfin le « petit peuple » dans l’esclavage non officiel d’avant 1936, dans la précarité des siècles précédents car les « crève la faim » (voire les « sans dents ») surchargés de crédits onéreux, de loyers extravagants, d’un coût de la vie astronomique, du chômage, n’ont plus la force de se rebeller et par lassitude, ils acceptent leurs chaînes de servage.

Le communautarisme entre les citoyens d’origines diverses, de religions différentes s’accentue et le retour à des préceptes archaïques met en danger la laïcité, ce concept de la France qui faisait sa particularité partout dans le monde. En effet peu de pays établissent nettement la différence entre la sphère laïque et la sphère privée.

La jeunesse, à qui on n’a pas ou plus appris à réfléchir par le biais d’études de textes qui développent l’analyse et la réflexion (sauf peut-être dans les classes littéraires au lycée) fonce droit dans le panneau, acceptant tout pour acquis, ne se révoltant plus contre des évènements qui paraissent iniques et injustes à nos yeux. Souvent la jeune génération est intolérante vis-à-vis des gens différents ou qui ne pensent pas comme eux comme si la liberté d’être ou de penser était un gros mot pour elle.

Mon expérience me vient des jeunes côtoyés à travers l’entourage de mes enfants, voire de ceux de mes plus ou moins proches, ceux habitant mon secteur géographique ou ceux faisant partie de l’entourage professionnel, (tant de moi-même que d’autres qui m’ont racontée certains faits qui les ont marqués), qu’ils soient diplômés ou non diplômés et bien évidemment je n’englobe pas toute la jeunesse dans l’analyse faisant l’objet de ce billet.

Une chose m’avait interpellée, il y a une dizaine d’années et j’ai réalisé que 10 ans après, j’avais toujours la même surprise, c’est le suremploi des mots « respect » et « mouton ».

Beaucoup de jeunes galvaudent ces deux mots sans même en comprendre le sens réel.

Ils exigent toujours le respect de la part des autres, ne se rendant même pas compte que la signification de ce mot leur est étrangère. Avant je vivais en lotissement et le nombre de gamins, d’adolescents, voire de jeunes adultes qui parlaient mal à leurs aînés, étant insultants, sans aucune notion de politesse et de savoir-vivre et qui se permettaient de leur dire (en tutoyant un type qui pourrait être leur grand-père par exemple ) : « oh mec ! tu me dois le respect », m’a souvent fait m’étrangler de rire pour ne pas dire de colère.

Revenons-en à nos moutons, ces fameux moutons qui alimentent les propos à défaut de finir en « méchoui médiatique » ! Je ne parle bien évidemment pas des gentils moutons dans les prés, ni de ceux qui squattent le plancher sous votre lit mais de cette nouvelle forme de propagande pour accuser les autres de se faire embobiner par le système. Permettez-moi de rire franchement car dans ce cas de figure, je reste sceptique sur la qualification.

Effectivement, la plupart des gens (souvent de jeunes gens) qui traitent les autres de « moutons » ne réfléchissent pas, n’analysent pas et ne vérifient pas la véracité d’une information avant de la prendre pour « argent comptant », de la transmettre, de la colporter. Leurs aînés leur paraissent franchement débiles, ignares ou autres, peu importe l’adjectif. Ils oublient que leurs aînés ont l’expérience de la vie, la méfiance des suggestions toutes prêtes, et surtout que certains ont appris à digérer une information avant de la restituer brut de décoffrage sans réflexion complémentaire.

Heureusement les jeunes ne sont pas tous comme cela de même que tous les anciens ne sont pas des philosophes. Il y a des gens bien, des moins bien, et des « cons », je suis d’accord mais comme je le dis souvent : « on est toujours le con de quelqu’un d’autre », ce qui fait que je partage mon point de vue à travers cet article mais que je ne me permettrai de juger personne car je n’en ai ni le droit, ni l’envie d’ailleurs.

Lorsque j’ai commencé cet article, je voulais parler des « années 1970 », ces fameuses années qui symbolisaient pour les gens de ma génération, la liberté de vivre, de s’exprimer, de se côtoyer sans ramener tout à la religion ou à la différence de culture et de coutumes mais je suis partie sur un autre sujet donc je vais garder mon thème des années 70 pour un autre billet que j’écrirai sans doute plus tard.

Bon dimanche à vous tous !

Merci de votre lecture !

Tous droits réservés VBB 17 juillet 2016

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